Culture - Croyances


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L’interpénétration dans le culte du Neak Ta à Can Tho
Date: 09/03/2018

Dès sa fondation, Can Tho était peuplé de différentes ethnies. Parmis eux, les Viets, les Khmers et les Chinois ont été les premiers autochtones. Ils se sont solidarisés contre l’inclémence de la nature au début du développement de la localité. Quand la terre fut prête pour l’exploitation, ces peuples continuèrent de se réunir dans la culture du riz, la pêche, l’élevage..., tout en vivant en paix entre eux sur la nouvelle terre.
Autel du Neak Ta dans le Temple de Thoi Binh, quartier de Cai Khe, district de Ninh Kieu, Can Tho

En conséquence, les cultures respectives de ces peuples présentèrent graduellement des points communs et s’influencèrent. Dès lors il est normal que les peuples Kinh (Viet) et Hoa (Chinois du Vietnam) construisent de petits temples consacrés au culte des Neak Ta, génies khmers. De même, il est normal qu’à l’inverse les Khmers et les Hoa croient en la déesse Chua Xu des Viets, ou en la déesse Yan Po Nagar des Champa, ou encore en Mazu celle des Chinois. Tel est le résultat évident de la rencontre de cultures différentes qui représente une relation multilatérale à l’intérieur d’un peuple ou entre les ethnies. Cette relation comprend essentiellement des échanges, l'intégration, des contacts et des adaptations de culture, dont le culte en commun du Neak Ta est un trait saillant.

Les Neak Ta sont des génies protecteurs du territoire des Khmers, issus du culte très ancien des pierres en Asie du Sud. Le culte des pierres est répandu dans le monde entier depuis la nuit des temps. En effet, l’homme considérait les rochers ou les pierres comme des objets sacrés, croyant qu’ils constituaient l’abri idéal des dieux de grande puissance (comparable à celle de la pierre). Au fil du temps, le culte des pierres se répandit dans différents pays et avec des pratiques différentes. Dans les pays d’Asie du Sud-Est dont le Vietnam, cette croyance existe de tout temps avec des pratiques très primitives. Dans ces pays (le Laos, le Cambodge, la Thaïlande, le Myanmar ...) beaucoup d’ethnies considèrent la pierre comme leur ange gardien. On posait des pierres en gros tas devant le village, ou on les mettait au pied des piliers du sacrifice à côté de la maison commune du village (« maison communale »), ou bien sur l'autel, à côté des statues de Bouddha, pour la pratique du culte. Et même, chez certains peuples, les habitants rangent des pierres dans les granges, pour protéger les dieux du riz ou l'âme du riz... Ils portent même sur eux quelques cailloux dans l’espoir que les dieux de la pierre les protègent contre les mauvais esprits.

Les Neak Ta sont des dieux protégeant la santé et la prospérité dans les territoires qu’ils protègent. Ils sont responsables de ce qui s’y passe; c’est pourquoi les habitants leur présentent rites et offrandes à chaque aléa survenant dans leur phumsrok (« communauté villageoise »), que ce soit une épidémie, une insécurité, une mauvaise récolte, notamment une sécheresse. Les Neak Ta sont ainsi des dieux populaires; ils ont un pouvoir fondamental dont les malfaiteurs doivent se défier Le culte du Neak Ta se pratique en général dans des petits temples très simples en feuille de palmier, installés au bord d’une courbe de route, d’un confluent de deux rivières, ou sous un grand arbre dans chaque hameau. Ces temples sont parfois plus grands, construits en brique et situés dans le jardin d’une pagode, ou à une place importante dans le phumsrok. Sur l'autel à l’intérieur se présentent les cailloux petits ou grands, arrondis et lisses, censés être la réincarnation du Neak Ta.

Lors du développement de leur communauté, sur le chemin de leur progression, les migrants Viets venant du Nord s’inquiétaient face à une nature sauvage, à des maladies épidémiques, aux animaux sauvages... qui les guettaient. Ils croyaient aux dieux du sol et leur vouaient un culte, mais ils respectaient également les Neak Ta. Pour se rassurer en défrichant les forêts, creusant les canaux ou tranchées, travaillant la terre... ils avaient adopté la croyance envers les dieux khmers du sol qui règnaient sur leur terrain défriché, dans l’espoir vivre tranquillement, d’être protégés de tout accident... Avec la croissance des relations, les migrants Viets grâce à leur sensibilité ont accepté au fur et à mesure ces génies qui s’accordent aux caractères du peuple. Depuis est né le culte du Neak Ta, conçu comme un dieu du Sol.

Le culte khmer du Neak Ta, que ce soit comme dieu de la rivière, du banian ou du puits, est ainsi adopté par les Viets, avec certaines modifications adaptées à la croyance locale. Les temples Viets consacrés aux Neak Ta sont aussi simples que ceux des khmers autochtones, avec à l’intérieur quelques pierres de la forme d’un melon ovale, placés au bord d’un courant d’eau, d’une route, sur un monticule désert... Ces petits temples, d’environ un mètre carré, sont souvent sur pilotis, avec un décor intérieur simple incluant quelques pierres rondes ou ovales, un pot pour l’encens et quelques petits verres d'eau.

Quelquefois, le petit temple du Neak Ta est en ciment, à l’intérieur se voit une affiche commémorant le culte, et écrit en chinois “Dieu de la Pierre”. Sans compter les pierres arrondies, le culte est également destiné aux génies de la Fortune et du Sol, cas du temple Neak Ta au sein de la maison communale de Thoi Binh, quartier de Cai Khe, district de Ninh Kieu, à Can Tho.

Comme le font les Khmers, en creusant un arroyo ou travaillant dans les champs ou dans les vergers, si les Viets trouvent des pierres de la forme d’un melon ovale, ils les ramènent  à un temple Neak Ta ou fondent un nouveau temple pour en pratiquer le culte. C'est le cas du temple Neak Ta au sein du temple Mieu Ba dans le village de Xom Chai, quartier de Hung Phu, district de Cai Rang, Can Tho. Effectivement, quand les villageois ont creusé la terre pour faire une route ils ont découvert des pierres rondes qu’ils ont cru divins.

Comparé aux Neak Ta des Khmers, ceux des Viets sont beaucoup moins puissants. Les premiers sont voués au culte non seulement pour leurs nombreuses fonctions: dieu d’une zone naturelle avec montagnes, forêts, champs, villages… mais aussi parce qu’ils contribuent à la protection du pays, et qu’ils sont les ancêtres d'une famille ... alors que les derniers ne sont bénéfiques qu’aux terres agricoles, et pas aux terres résidentielles.

L’intercommunication dans le culte des Neak Ta à Can Tho consiste avant tout à renforcer la force mentale des défricheurs dans leurs contacts, leur vie communautaire, leurs relations avec la communauté ainsi qu’avec des forces surnaturelles sur le chemin vers leur nouvelle habitation nouvel espace de vie. Ainsi de suite, les valeurs s’ajoutent au cours des échanges, intégrations, promotions culturelles... qui s’élargissent graduellement pour contribuer progressivement à la formation de l'identité culturelle locale.


Source : Journal Can Tho - Traduit par Thanh Thuy


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